We say no to pitches.

How many hours have we spent doing pitches? How much money have we lost trying to impress a client, an agency? How many ideas have we given for free? How many people have fallen while doing them? How much time lost? How much time lost not taking care of our client’s business? Not worrying about our people? How much time lost not dealing with our own business?

We say no to pitches.

When agencies are complaining about shrinking margins.
When we have less time to do real projects.
When we are having trouble coining our ideas.
When agency profitability is becoming increasingly difficult to achieve.

We say no to pitches.

We are not just talking about no more speculative work on pitches. Which should, in our opinion, be already understood by clients and also by agencies with their external resources/prod houses – after all, how could we ask this of them if we do this to the others?

No. We are talking about all kinds of pitches where several agencies or external resources are put in competition. We are talking about agency presentations, detailed budgeting, production scheduling, point of view, solutions, media plans and other “normal” pitch requests.

We say no to pitches.

Identifying a budget. Making a choice based on the reputation and quality of the work done by an agency or a production company. Meet its people. Negotiating a price. Working in symbiosis with a partner rather than with a supplier. It is not science fiction. It’s easy. Simple even. Think about it … Isn’t it always mostly decided anyway before you pitch? Most of the time? For us or for you?

We say no to pitches.

You have no choice but to do a pitch? Its written somewhere in your charter? If you are a public institution that manages public money, you are an exception. Keep doing them. We will answer the call. But for everyone else, all privately owned companies (or on the stock market), we invite you to review this paragraph at your next board of directors meeting. If you are an agency, you have no more reason to do them.

Enough is enough. You want us or not. It’s not that complicated.

We say no to pitches.
Undersigned,

Jany Tremblay, Itavik Studio
Pierre-Michel Morais-Godin, Itavik Studio
Stéphanie Guérin, Guérinutri, Nutrition & Lifestyle.
Jerome Luc Paulin, Isjaki Studio
Aimie Lanteigne, Aimie Design
Robert Young, DGA – Maître D
Nancy Albert, Alta studio
Cynthia Le Déroff, Tchin Tactic
Guillaume Asselin, Tchin Tactic
Maryse Rancourt, Tchin Tactic
Jane Torres, Directrice artistique
Guylaine Regimbald, Smiling Surface
Charles Daoud, Designer graphique et typographe
Mélanie Gionet, Designer graphique
Pat Marcoux, designer graphique et Web
Slaheddine Trabelsi, Créatonie
Aimée Desrosiers, Designer graphique, La Biscornue
Michael Eskenazi, Félix & Norton
François Royer Mireault, highlow
Isabelle Gagné, MissPixels
Oscar Diaz, creative director, attitude marketing
Both Marie Brassard, JJNM Marketing et Design
Jason Kontolemos, JJNM Marketing et Design
Emeline CHARAMON, agence ULYSSES
Shayne Tupper, Chez Valois
Sylvie racicot, Chez Valois
Alain St-Hilaire, St-H communication graphique et numérique.
Pascal Beaudry, Voyou Performance Créative
Karine Balian, TANGO Photographie
Luc Beaudoin, H2H
Roger Dion, Jongleur d’idées
Ginette Dion, Ginette Dion Média
Thierry Holdrinet, concepteur et rédacteur
Richard Galarneau, Factorie l’agence
Nancie Dézainde, BOLD DESIGN
Catherine Beaumier Lacroix, Rouge Marketing
Marie-Andrée Bricault, Conceptmab
Esther Thomassin, La 27e lettre
Jean-François Chainé, Locomotive
Martin Ruel, Concepteur directeur artistique, Illustrateur.
Valérie Letarte, Conceptrice
Pierre Lefort, Rawtech
Sébastien Guy, Rouge on blue
François Turcotte, Turcotte design
Melanie Appadoo, Associée, Chargés de projets À LOUER
Mélissa Beaubien, Neon Cactus
Sébastien Gauthier, Communication Malabar
Marie-Noëlle Dumais, Communication Malabar
Sorin Pavelesco, Sorin Media
Patricia Rioux Directrice artistique
Marie-Pier Caron, Comme des filles Productions
Gisèle Henniges, DGA
Kristina Nagy, K10 marque + stratégie
Laura Lee Moreau, ge-o-de
Stéphanie Charron, La machine à vapeur
Noémie Beaulieu, Designer graphique
Gaétan Boulais, Boulais Design Communication
Mario Deschambault, Voyou Communications
Jean-Sébastien Dussault, designer UX + motion designer.
Marie-Soleil Martel, Panache communication
Marie-José Legault, Graphiste et Directrice artistique
Marie-Claude Doyon, Designer graphique
Olivier Bruel, Graphiste et Directeur artistique
Michel Lahore, DC, Co-fondateur lescréatifsanonymes.com
Sylvain Vicente, DGA Associé fondateur chez Maître D
Steve Poutré, Designer graphique
Ariel Borremans, Directeur artistique
Sylvie Ouaknine, TAKE OFF créatif marketing
Line Desjardins, Rouge Marketing
Isabelle Ouellet, Directrice des opérations
Bob Beck, Design Society
Jimmy Berthelet, Stand Mtl
Philippe Archontakis, byHAUS
Martin Laliberté, byHAUS
Benoit Giguère, Président de la Société des Designers Graphiques du Québec
Mireille Paradis, Couleur locale
Dominique Trudeau, Couleur locale

And you? Are you cosigning?
Email at dtrudeau@couleurlocale.net

Prendre l’air.

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux
Des mois d’avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse 

– Charles Trenet

 

Peine d’amour.

C’était il y a un bon bout de temps. Ma vie beaucoup trop sérieuse de jeune couple vingtenaire – on allait faire notre Warshaw à toutes les semaines, le même jour à la même heure – foutait le camp. L’amour avait claqué la porte sans vraiment nous dire au revoir, tout comme le petit bonheur de l’autre chanson. Rien n’allait. C’est là que j’ai décidé de partir, sur un autobus Grayhound, loin loin de la ville.

Partir. Voir d’autres choses. Rencontrer des histoires. Regarder. Sentir. Toucher. Entendre, Goûter. Revivre pour mieux revenir en avant. Pour tenter d’être moins bête et un peu moins con.

Pour apprendre.


Intermède.

– Bon, Trudeau, je te vois venir ENCORE avec ta Belle Histoire. C’est quoi c’te métaphore là là? Tu veux me dire quoi, hein, hein?

– Ha ha j’y arrive, you know that.


Groundhog day
. 

Il y a six ans. Ma vie de couple (avec mon agence – ostie que je l’aimais), bin, elle a pogné le champs comme dirait l’autre. Abruptement. L’amour avait crissé le camp. Maudit bonheur.

Mais là, je n’ai pas pris le bus. J’ai pris le train pour Saint-Hilaire.

Six mois plus tard je lançais, avec Mireille, Couleur locale, une agence collaborative, full services avec tout un tas de croyances bien à nous. Dans le 450 en plus. Pas d’employés, pas de locaux chérant au centre-ville, Pas de bois mort (sauf pour le poêle à bois), des équipes de pigistes ad hoc (notre grande famille, des gens d’ici), triées sur le volet pour les besoins très spécifiques des clients. Agnostique de médias, de façons de faire. Pas de pitchs (ok ok, une ou deux exceptions, mais juste des estimés). Pas de participation à des concours. Responsable socialement.

L’aventure encore une fois. Le fucking grand bol d’air.

Essayer des trucs. Mettre à l’épreuve des convictions profondes. Vouloir avancer et explorer des nouveaux territoires. Avoir le vertige. Écrire aussi, pour brasser la cage de notre industrie.

Pour apprendre.


Oiseaux de malheurs.

Ah oui, quand je suis parti en bus, je n’ai rien demandé à personne. Pas de conseils. Fuck that. L’aventure c’est l’aventure. L’horaire d’autobus me suffit. Mais à l’aube de lancer ma petite entreprise, j’ai demandé conseils et j’ai écouté aussi…

– Tu vas te retrouver avec les clients que les agences ne veulent pas (c’est pas sérieux ton truc).
– C’est impossible de gérer un grand projet avec des pigistes (il n’y a qu’une façon de faire, la notre).
– Ça ne marchera pas (oublie-ça mon grand)
– Tu devrais plutôt t’associer avec des grandes agences pour faire des projets spéciaux (essaye-toi pas de nous compétionner, té drôle quand même).

Fuck that too finalement.


Cartes postales.

Cher Théo,
Juste un mot pour te dire que tout va bien ici. La business roule à plein, on a beaucoup de très bons clients, des très gros comme des tout petits. Et notre métier nous emballe toujours autant. D’ailleurs sur ce point, je voulais te parler de ma source d’inspiration. Mon « driver ». Bien, ce n’est plus les concours, comme dans les grandes agences. J’ai changé profondément depuis. Je n’ai pas besoin de ça pour faire de la qualité. C’est dans moi anyway. Non, aujourd’hui, c’est la réussite de mes clients. Mon métier, après tout, ça sert à ça, non? Qu’en penses-tu?
Bien à toi,
Dom

Cher Théo,
C’est incroyable. Moi qui travaillait pour moi, je travaille maintenant pour mes clients. Notre modèle nous permet maintenant d’être très très près des clients. De les écouter et de les comprendre. Terminé le temps où il y avait trois niveaux de services-conseils entre nous et eux. L’empathie est dorénavant partout. Nous n’avons plus l’impression d’être une agence de services mais bien d’être un partenaire de tous les jours. C’est un changement de paradigme énorme. Toi ça vas?
Bien à toi,
Dom

Cher Théo,
Notre manière de travailler à radicalement changer. Nous n’avons plus de frontières. Tous participent à la stratégie, à la création, à la relation client. Nous sommes devenus perméables. Et d’autant plus fort. Mon métier n’est plus une addition, c’est une multiplication. Il n’y a plus de chasse gardée. Que de la volonté de faire toujours mieux, À l’état pur. C’est fascinant. Une métamorphose profonde. Tu viens nous voir quand?
Bien à toi.
Dom

Cher Théo,
Tu savais qu’on ne picth pas? C’est une décision quand même importante. Une histoire de convictions. On trouve ça aberrant. Pourquoi faire soumissionner des agences qui peuvent, au fond, tous faire une bonne job à un prix, somme toute, passablement similaire. Bon, c’est ok pour des institutions publiques. Je peux comprendre. Mais pour les autres? Les privés? Trop d’argent et de temps perdus pour tous. Moi je dis, vous nous désirez ou pas. Ce n’est pas compliqué. Dis bonjour à ta famille btw.
Bien à toi.
Dom

Cher Théo,
Je suis vraiment excité. Je pense que nous avons trouvé une façon de faire pour réellement créer des marques vivantes. Omg. Je te jure. J’étais tanné de faire des campagnes à coup d’éclats qui sont juste bonnes à faire des peaks d’engagements éphémères dans les médias sociaux. Anyway ça dure deux jours, so who cares really. Et puis, faire des marques qui ne peuvent pas être reprise d’une façon autonome par les clients, je trouve ça totalement irresponsable. En tout cas, je vais te montrer ça quand on va se voir. Tu viens par ici bientôt?
Bien à toi.
Dom

Cher Théo,
J’ai oublié de te dire, notre grande famille de collaborateurs, pigiste et petites entreprises amis, eh bien, on les adorent. C’est un charme de travailler avec eux. Ils sont pros, trippeux comme nous, hyper gentils et si efficaces. En plus, parfois, on fait de la business avec eux. C’est une grande force. Un peu comme une gigantesque agence invisible avec une pouvoir énorme de réaliser de très grandes choses. C’est fou. À demain (je vais t’attendre à la gare à 18:30).
Bien à toi.
Dom

Un grand train bleu,
un grand train blanc,
un grand train noir.
On prend toujours un train
pour quelque part.
Au bout du quai
flottent des mains,
des au revoir.

  Gilbert Bécaud

 

 

L’humilité

“You never change things by fighting the existing reality. To change something, build a new model that makes the existing model obsolete. » – Buckminster-Fuller

Google translate : « Vous ne modifiez jamais les choses en luttant contre la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rend le modèle existant obsolète. » – Buckminster-Fuller

Bon, mettons qu’ici il y a encore un peu de travail à faire ici.

 –

J’ai un client qui fait ça, construire des nouveaux modèles. Il se lève chaque matin de la vie en imaginant inlassablement de nouvelles façons de faire mieux dans sa catégorie. C’est sa raison d’être. Son WHY. Sa matière première pour y arriver ? Le produit et la livraison du service qui l’entoure.

Sa quête, sa façon de faire et le « produit » de ses actions sont indissociables. Un. Tout.

Je suis constamment fasciné, flabergasté, par notre industrie publicitaire. Par notre facilité à sublimer nos propres défauts et à les attribuer aux autres. Le mot d’ordre, ici comme ailleurs, le message que nous lançons à nos clients par les temps qui courent (oui oui, faut le faire quand même) : Les marques doivent être plus responsables, plus humaines, plus empathiques, plus éthiques, plus engagées. Meilleures en tous points. Elles doivent changer le monde. On (nous les publicitaires) ne veut pas surtout d’autres produits, on veut de meilleures marques. On veut des valeurs. Des villages de valeurs. Juste ça.

Je ne sais pas par où commencer, honnêtement.

Bon, mettons que je commence par ça :

MA MARQUE DE WIPERS NE VA PAS CHANGER LE MONDE.

C’est clair. Elle va surement améliorer ma vie de tant en tant mais c’est ça qui est ça. Ça s’arrête là. Arrêtons d’imposer notre nouveau modèle d’affaire, notre nouvelle excuse publicitaire d’exister aux marques, aux compagnies, à nos clients. Notre raison d’exister est de VENDRE DES WIPERS. Comme avant. En avant comme avant. C’est assez facile à comprendre.

Et oui, de temps en temps on peut leur dire de faire mieux, genre des wipers compostables. C’est ben correct. Surtout si vous avez la fibre environnementale.

JE LE DIS DEPUIS LONGTEMPS, NOUS SOMMES HYPOCRITES.

C’est clair. Nous, les publicitaires (et ça inclut les milléniaux qui abhorrent ce mot et qui pourtant le sont encore beaucoup plus efficacement avec leur engagement et leurs algorithmes), sommes encore et toujours là pour contribuer à une société de consommation toujours plus effrénée, plus efficace et ce, de jours en jours. Commençons par faire le ménage dans notre maison. Ce n’est pas parce que nous avons fait un pro-bono sociétal, un presque pro-bono ou une reco verte à notre client que nous allons effacer notre score card. Pas celui d’hier. Ni celui d’aujourd’hui. Soyons honnêtes.

Le jour où nous serons pour vrai plus responsables, plus humains, plus empathiques, plus éthiques, plus engagés et meilleurs en tous points, nous aurons la permission morale de demander de changements aux marques.

L’INNOVATION PASSE PAR LA RÉINVENTION DES PRODUITS ET DES SERVICES.

C’est clair. C’est simple. Et ça va faire des nouveaux produits et des nouveaux services sur le marché. Comme le fait mon client qui se lève chaque matin pour mieux faire dans son domaine. Les anciens produits et services resteront aussi. Faut surtout pas se tromper de job : nous allons appuyer nos clients à mieux vendre leurs idées et à faire en sorte que les vieux modèles soient indésirables. La mise en marché est notre savoir-faire. Notre raison d’exister.

Il y a une condition quand même à notre participation. L’innovation, on le sait (le savez-vous ?), n’est pas nécessairement une bonne chose. À nous de distinguer le bon grain de l’ivraie.

Oui, j’ai déjà dit souvent que nous avons le pouvoir d’influer nos clients. Et c’est toujours vrai. Nous avons même l’opportunité de les conseiller et de travailler leurs offres avec eux. Profitons-en, naturellement. C’est une opportunité à prendre.

Mais il ne faut surtout pas se péter les bretelles en s’autoproclamant les héros de la nouvelle morale corporative. S’il vous plait. Ce n’est pas crédible. En tout cas, pas aujourd’hui.